bandeau d'en-tête

Homélie du 6e dimanche de Pâques - A

Philippe, l’un des Sept, souvenez-vous de son ordination diaconale dimanche dernier et distinguez-le de Philippe l’un des Douze.
Hier inconnu, aujourd’hui suffisamment accordé à Dieu pour que l’Esprit puisse agir à travers lui. Il arrive en Samarie. Il proclame la Bonne Nouvelle accompagné de signes. Franc succès. De Jérusalem, on envoie 2 Apôtres Pierre et Jean, pour authentifier l’action de Philippe. Ces Samaritains avaient seulement été baptisés au nom de Jésus. Il manquait encore l’Esprit Saint. Cela fait penser à notre confirmation. L’initiation chrétienne se fait par étape. L’occasion de se poser une question : ai-je accueilli l’Esprit Saint dans ma vie ? Est-il le moteur de mon dynamisme de chrétien ? Est-ce que je vis ma vie chrétienne dans la liberté de l’Esprit ?

accueil de l'Esprit-Saint

Il y a parfois de ces phrases qu’on ne comprend pas au départ et qu’il faut garder et ruminer pour qu’elles vous livrent tout leur suc. Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté de Seigneur, le Christ.

Nous avons tous fait une place à Jésus dans notre cœur. Nous nous remémorons ses paroles, ses gestes, le don de sa vie, sa résurrection. Il est quelqu’un d’important pour nous. Ici, Pierre nous invite à honorer sa sainteté, le fait qu’il est saint. Il mérite plus que notre respect ; il faut l’honorer en tant que Dieu, c’est-à-dire l’adorer. On dit que notre âme est sans cesse en train d’adorer Dieu au fond de nous. St Pierre nous invite à offrir à Dieu une qualité d’hommage qui correspond à sa sainteté. Quad je parle de sainteté, je ne sais pas bien de quoi je parle. C’est comme si un aveugle se mêlait de nous parler de la lumière. Mais c’est quelque chose d’important entre nous et Dieu. Dieu est magnifique en sainteté dit-on dans le cantique de Moïse. Tout cela a à voir avec les adorateurs que recherchent le Père.
Le Christ a souffert, nous dit Pierre, pour nous introduire devant Dieu. Avons-nous été retiré de devant sa face ? Oui au début de l’histoire sainte. En la personne d’Adam et Eve, quand ils avaient cherché à se cacher de Dieu et que finalement, ils avaient été chassés du paradis. Cet épisode qu’il ne faut pas prendre au pied de la lettre mais qui a sa part de vérité trouve ici son répondant. Jésus en nous sauvant, nous réintroduit devant Dieu. Apprenons à goûter à cette intimité retrouvée.

Avec l’Evangile, Jésus nous place sur le seuil du mystère de Dieu.
« Le mystère de la sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne ». CEC 234.
Dieu a laissé des traces de son être trinitaire dans son œuvre de création et dans sa révélation au cours de l’Ancien Testament. Mais l’intimité de son Etre comme Trinité Sainte constitue un mystère inaccessible à la seule raison et même à la foi d’Israël avant l’incarnation du Fils et la mission de Saint Esprit.  CEC 237
Par la grâce du baptême, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, nous sommes appelés à partager la vie de la bienheureuse Trinité, ici-bas dans l’obscurité de la foi, et au-delà de la mort, dans la lumière éternelle.

Si vous voulez y entrer, il faut une clé : la voici : « si vous m’aimez, si vous gardez mes commandements ».
Cette attitude d’amour envers Jésus, cette intimité cultivée avec lui va nous faire bénéficier de sa prière adressée au Père pour qu’il nous envoie l’Esprit Saint.

aimer Dieu

« L’Esprit de vérité, le monde ne peut le recevoir car il ne le connait pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il sera en vous ». Parfois, on voudrait partager les mêmes évidences que Jésus.
Il faut apprendre à demeurer avec nous-même pour y découvrir les personnes divines qui nous habitent : le Père qui nous crée, le Fils qui nous sauve, l’Esprit qui nous confirme et les y honorer. Les bénédictines de Liège, pour honorer Dieu, au cours de l’office, elles s’inclinent en disant : Rendons gloire au Père tout Puissant, à son Fils, Jésus-Christ le Seigneur, à l’Esprit qui habite en nos cœurs pour les S. des S. Amen. J’ai toujours été frappé par leur tranquille assurance que l’E.S. habite notre cœur. Apprenez cette formule par cœur et répétez-là souvent. Vous verrez.

Un orphelin, mot employé par Jésus, c’est quelqu’un qui a perdu ses parents un peu trop tôt, ceux qui l’ont appelé à la vie et qui veillent sur sa croissance.
Jésus - qui est ici comme un parent - nous annonce qu’il va nous quitter mais qu’il ne va pas nous laisser orphelin ; il reviendra vers nous. Nous le verrons vivant. Et c’est le Vivant lui-même qui sera notre parent. Il y a moyen de bien grandir avec le Vivant comme parent. Toutes nos blessures d’enfance, de croissance peuvent guérir si elles sont revisitées avec Lui.

Ce jour-là , vous ferez le lien entre moi et mon Père. Et vous participerez au mouvement d’amour qui est le nôtre de toute éternité.

La vie chrétienne, ce n’est pas tant un mystère à comprendre qu’une intimité à partager. Il est donc essentiel que chacun trouve sa manière personnelle de passer du temps avec Lui. Bon confinement.      

Abbé Pascal Lecocq