
Par ce temps pascal, nous vivons au rythme de la joie avec le Christ qui a vaincu la mort. Désormais celle-ci n’est plus à voir comme une fatalité, mais comme un passage qui nous ouvre à la vie éternelle. Pour autant, et à partir de cette perspective du Salut, nous devons bien nous rendre compte de ce que le Christ qui a anéanti la mort n’a pas supprimé la souffrance humaine. C’est donc dire et reconnaître que la vie nouvelle, à la suite du Christ ressuscité, garde toutes ses exigences de bon combat, à la suite des propos de saint Paul (1 T m 6 : 12 ; 2 Tm 4 : 7sv), pour la promotion de la dignité humaine, de la justice, la paix. Au total, cette approche de combattre la souffrance vise le bien-être spirituel et social de l’homme.
C’est dans ce sillage que l’on peut comprendre que la foi ne supprime pas la misère de l’homme. Vivant dans un monde de plus en plus sécularisé, l’expression de notre foi au Christ doit davantage se concrétiser par des actes qui parlent en faveur du lien entre le spirituel et le social, et où foi et œuvres vont de pair.
Autrement dit, les activités spirituelles ou apostoliques du chrétien, en église, ne devraient pas lui faire oublier la dimension sociale ou socio-caritative de sa mission.
Dès lors, on peut comprendre tout le sens de l’engagement ou implication pastorale des chrétiens de notre Unité ecclésiale de la Vallée de l’Ourthe. Bien des structures d’apostolat ont œuvré pendant le carême pour aider la communauté chrétienne à bien ou à mieux « vivre les 40 jours au désert. »
On peut penser, sans être exhaustif, à l’équipe liturgique, aux différentes catéchèses et Catétous, à l’accompagnement catéchétique de Marjorie qui a reçu les sacrements d’initiation chrétienne (baptême, confirmation et eucharistie) au cours de la vigile pascale/samedi saint.
La campagne de carême d’Entraide et solidarité nous a permis de mieux sensibiliser la communauté chrétienne sur la nécessité du partage et de l’attention aux différentes fragilités humaines. Il faut dire, ou rappeler, que ce sens de la solidarité et de proximité vis-à-vis des « pauvres de Yahvé » est une des options fondamentales de nos priorités pastorales. Il appert donc que le spirituel et le social, mis ensemble, sont au service de la proclamation de la Bonne Nouvelle qui implique toutes les dimensions de la vie de l’homme.
Foi et œuvres sont deux colonnes reposant sur un même socle qui est le Royaume de Dieu à faire connaître à tous dans le monde entier. Nous nous situons ainsi dans la perspective et la continuité de la mission de Jésus qui, citant le prophète Esaïe (61, 1-2) et sous la plume de saint Luc (4 : 18-19), disait être venu pour guérir, libérer, apporter espoir et liberté aux pauvres et aux opprimés.
Vivre à la suite du Christ ressuscité c’est finalement réaffirmer que la foi ne saurait séparer le spirituel du social. Toute action sociale du chrétien devrait être l’expression de sa foi significative et agissante.
Votre Curé, Bruno Missipo


